Dernière mise à jour : mercredi 7 septembre 2016 - 1:59

Préserver les ressources, un choix stratégique

بتاريخ 30 Juin, 2016 - بقلم Redaction

*Le programme est piloté par une équipe interne à la sucrerie    *Actions réalisées dans le cadre de dépollution industrielle hydrique

– L’Economiste: La Sucrafor a fait du choix écologique une stratégie de développement durable. Quelle est votre recette dans un milieu qui souffre de stress hydrique?
– Salah Nahid:
La meilleure protection de l’environnement est la réduction de la consommation de l’eau industrialisée et donc d’énergie. Cela contribue à la réduction des rejets en quantité et en charge polluante. De plus, la préservation des ressources et de l’environnement est un choix stratégique pour booster la productivité et améliorer la qualité. Cela passe dans un premier temps par l’économie en eau, de plus en plus rare dans notre région. Un choix corroboré par la mise en place d’une station de traitement des rejets liquides. De telles actions nous ont permis de passer de 1,9 m3 d’eau utilisée par tonne de betterave en 2009 à 0,07 m3/tonne actuellement. Il fallait aussi supprimer les écumes de carbonatation afin d’éliminer les effluents liquides issus des écumes. La Sucrafor a mis en place deux filtres presse PKF avec un investissement de 8 millions de DH pour réduire les rejets de 50% en charge hydraulique et de 75% en charge polluante. Nous avons également aménagé des bassins pour contenir tous les rejets et éviter leur écoulement dans la nature. L’eau stockée dans ces bassins est traitée et réutilisée dans le nettoyage de l’usine et le jardinage.

– Comment sont traités ces rejets pour ne pas nuire aux riverains?
– Le procédé de traitement adopté est un système de traitement par la boue activée. Il permet de réutiliser les installations déjà existantes (5 bassins) avec réaménagement des deux grands bassins pour aération et stockage de l’effluent traité. Et là aussi, nous avons choisis de ne pas mettre une station clés en main, mais pilotée par une équipe interne à la sucrerie pour assurer une optimisation permanente. Le financement de cette station de traitement des rejets liquides industriels à la Sucrafor est partagé entre le ministère chargé de l’Environnement, l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya (ABHM) et la Sucrafor. Ce projet a nécessité 14,2 millions de DH dont 5 millions financés par l’ABHM. La Step est opérationnelle depuis le démarrage de la campagne 2015 et la procédure d’analyses des eaux a démarré le 17 septembre de la même année.

– En quoi consiste votre politique de management environnemental?
– Dans le cadre du projet cap vers l’excellence 2016 et sur recommandation de Cosumar, Sucrafor vise l’amélioration de ses performances de management d’énergie propre et renouvelable. Notre approche consiste à mettre à niveau le process, l’instrumentation et les équipements dans le but d’économiser plus d’énergie. Il est également question d’optimiser la consommation des ressources naturelles (fuel, eau, air et électricité), les réduire, les réutiliser et les recycler. In fine, former le personnel aux bonnes pratiques relatives à la conservation de l’énergie.

Propos recueillis par Ali KHARROUBI // L’Économiste


nahid salahPour Salah Nahid, directeur de Sucrafor, les actions environnementales entreprises par Sucrafor s’inscrivent dans le cadre du projet cap vers l’excellence 2016 (Ph. AK)