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Un « Oujdi ?!» pressenti pour la succession de Bouteflika

بتاريخ 18 Oct, 2016 - بقلم Redaction

Le nom de Chakib Khalil, ancien ministre algérien de l’Energie et ex-PDG du géant pétrolier Sonatrach, revient avec insistance dans les discussions animées du côté du luxueux Club des Pins à Alger, -QG des personnalités qui sont aux leviers de commande en Algérie-, autour de la succesion d’Abdelaziz Bouteflika, complètement diminué par la maladie. Il se dit que Chakib Khalil, né à Tlemcen mais ayant grandi à Oujda, où il a passé le plus clair de son enfance, allait être le prochain président de la république d’Algérie, en remplacement de son ami Abdelaziz Bouteflika, né le 2 mars 1937 à Oujda.

Un pronostic corroboré par le clan présidentiel, mené par le frère du président Saïd Bouteflika, véritable meneur du jeu politique en Algérie depuis que le frère Abdelaziz a été diagnostiqué en 2013 d’un fâcheux accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui fait perdre toute capacité de mobilité et d’élocution.

Ce retour en force de Chakib Khalil intervient alors qu’il a subi une avalanche de critiques, il y a à peine six mois, après un exil de plusieurs années aux Etats-Unis, sur fond d’accusations d’avoir touché des pots-de-vin du temps où il était ministre de l’Energie et patron de la Sonatrach sous les deux premiers mandats de Bouteflika (1999-2010).

Cela remonte au mois d’avril 2016, quand il a entrepris, après sa réhabilitaion par son « vieil ami » Bouteflika, un ballet de pérégrinations dans la zaouias algériennes, où est allé chercher un soutien précieux en perspective de l’élection présidentielle de 2019. Alors qu’un 5ème mandat pour Bouteflika s’avère impossible, en raison de son état de santé vacillant, il s’avère que Chakib Khalil, membre du fameux clan d’Oujda, part largement favori pour emporter le prestigieux palais d’El Mouradia.

Qui est alors Chakib Khalil?

Né le 8 août 1939 à Tlemcen, d’un père tailleur et néanmois figure marquante de la lutte pour l’indépendance algérienne, Chakib Khalil met le cap très précocement à Oujda, où il a été sclarisé à l’école de Barthelot. Après de brillantes études primaires et au collège, il rejoint, dans la même ville d’Oujda, le lycée des Garçons Abdelmoumen.

Ce n’est qu’en 1959, à trois de l’Indépendance de l’Algérie, qu’il a été « récupéré » par le Front de libération nationale (FLN, au pouvoir depuis que l’Algérie a obtenu son indépendance) qui lui a octroyé une bourse pour poursuivre ses études aux Etats-Unis. De 1964 à 1966, il obtient successivement un baccalaurat et une maîtirse en mines et pétrole à l’université d’Etat de l’Ohio, puis un doctorat en ingénierie pétrolière à la Texas A&M University en 1968.

Un parcours atypique qui a valu à Chakib Khalil d’être appelé par le président Houari Boumediene, de son vrai nom « Boukharrouba », pour être conseiller technique à la présidence de la présidence algérienne puis président du groupe Valhyd (« Valorisation hydrocarbures ») chargé du développement et du financment des ressources hydrocarbures en Algérie à long terme.

 Retour chez l’Oncle Sam à parti de janvier 1980, où il a été sollicité par la Banque mondiale pour travailler sur des projets pétroliers en Afrique, Amérique Latine et Asie.

Le 1er novembre 1999, qui marque l’arrivée au pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, il est appelé à nouveau en Algérie pour occuper le poste de conseiller à la présidence. Le 26 décembre de la même année, il est nommé ministre de l’Energie et des mines. Et ce n’est pas tout! En 2001, il cumule le poste de ministre avec celui de président de la Sonatrach jusqu’à la nomination de Mohamed Meziane en 2003.

Une ascension fulgurante qui termine en queue de poisson lorsqu’en 2013, trois ans après avoir été débarqué du gouvernement bouteflika, il entreprend une véritable descente aux enfers, en raison d’une plainte pour corruption déposée auprès de la justice par les seconds couteaux de l’ancien tout puissant patron du DRS (renseignement militaire algérien). En effet, Chakib Khalil était accusé d’avoir touché des pots-de-vin d’une entreprise pétrolière italienne pour la faire bénéficier de marchés en Algérie.

Dès lors, Chakib Khalil s’enfuit aux Etats-Unis pour n’en revenir qu’en début 2016 sur une intervention du président et néanmoins « ami » Abdelaziz Bouteflika. Un retour qui, comme l’a abondamment souligné la presse algérienne, s’inscrivait dans la préparation de la période post-Bouteflika. Et sur ce terrain, Chakib Khalil était tout désigné pour décrocher l’enviable place de Bouteflika au palais El Mouradia.

Ziad Alami // le360

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