Dernière mise à jour : vendredi 14 juillet 2017 - 2:47

Marché des changes: Les assurances de BMCE Capital Markets

بتاريخ 14 Juil, 2017 - بقلم Redaction

*L’escale des «Matinales du marché de changs» à Saïdia fait un tabac   *Toujours la même interrogation: le dirham va-t-il se déprécier?

Il ne faut surtout pas succomber à la panique d’une hypothétique dévaluation du dirham. L’élargissement de la bande de cotation du dirham, que vient de décaler les autorités, ne modifiera pas grand-chose à la valeur de la monnaie. Les fondamentaux de l’économie sont bons. Cette réforme n’est qu’une première étape d’un processus qui conduira à terme au change flottant d’ici quinze ans. Le cours du dirham résultera alors du mécanisme de l’offre et de la demande sur le marché.

A l’escale de Saïdia des «Matinales du marché de change» jeudi dernier,  les experts de BMCE Capital Markets se sont attelés à balayer les peurs des opérateurs tétanisés par une dépréciation du dirham au déclenchement de la révision du régime de change. Avec beaucoup de pédagogie, ils ont montré à l’assistance en quoi les instruments de couverture contre le risque de fluctuation des devises peuvent sécuriser le business des entreprises. Pour la région de l’Oriental, ce sont les secteurs du tourisme, de l’agriculture, des mines et du transport qui sont exposés.

 Les appréhensions exprimées dans l’assistance sont les mêmes que celles qui avaient poussé le mois dernier à la fièvre dans les salles des marchés: la peur d’importer plus cher et de voir fondre ses marges à l’export. La dernière intervention du chef du gouvernement a apporté des réponses sur la bande de fluctuation: 2,5% de part et d’autre de l’intervalle. Pour le timing, il faudra attendre la bonne fenêtre politique.

Pour rassurer, Nabil Ayoub, responsable du desk Produits Dérivés v chez BMCE Capital Markets, a utilisé le terme de choc exogène pour expliquer comment contourner les risques et réussir cette réforme en justifiant les options qui ont poussé à la flexibilisation du dirham. Le Maroc s’est inscrit  dans un processus de globalisation dans sa stratégie économique et politique. Il a également changé son modèle de croissance en allant vers plus d’exportations et d’investissements étrangers,  au lieu de se limiter à un modèle de croissance tiré par la consommation interne et l’investissement public.

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Partout au Maroc, les appréhensions des opérateurs économiques sont les mêmes: la peur d’importer plus cher et de voir fondre leurs marges à l’export

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Pour faire aboutir cette transition, des pré-requis sont indispensables et nous les avons, rappellent constamment les autorités monétaires: maîtrise du déficit budgétaire, niveau des réserves de changes et résilience du système bancaire, etc. La réforme c’est aussi un système de banque résilient sur la liquidité du marché des changes. Idem pour l’adaptation  des  politiques monétaires de la Banque centrale avec un régime de change flexible.
De son côté, Youssef Naguib, directeur commercial de BMCE Capital Markets, rappelle que la composition du panier de cotation du dirham, 60% euro et 40% dollar ne bougera pas avec la réforme. En revanche, le cours évoluera dans une marge qui sera déterminée par les autorités. Le chef du gouvernement avait lâché: 5%  à raison de 2,5 points de chaque côté de la bande.
Concrètement, cela veut dire passer par exemple d’un euro pour 11 DH à un euro à 11,28 DH au maximum. Une situation qui n’a rien d’alarmant. Au cours des quatre derniers mois, le dirham a connu des variations plus importantes et l’économie les a supportées sans problème.
Dans le schéma du régime de change flexible, les acteurs de Bank Al-Maghrib vont changer de nature. La Banque centrale interviendra pour réguler la liquidité en devises par des adjudications réservées aux banques commerciales (convention de tenue de marché).

Ali KHARROUBI  //  L’Économiste