Dernière mise à jour : dimanche 27 août 2017 - 10:33

Sïdia: La plage victime de son succès

بتاريخ 27 Août, 2017 - بقلم Redaction

*Elle est prise d’assaut par les vendeurs ambulants  *Cafés et restaurants pullulent avec des risque de pollution

Célèbre pour la qualité de son eau et de son sable, la plage de Saïdia arrive chaque année à décrocher le label Pavillon bleu, décerné par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. Des milliers de touristes, nationaux et MRE, s’y rendent tous les ans. Le port de plaisance de la marina de Saïdia possède, également, le précieux titre. Il s’agit d’une véritable distinction pour la destination, puisque rares sont les ports de plaisance qui ont obtenu ce label.

Cela dit, que font les autorités locales et les élus pour sauvegarder cet atout?, se demandent les habitants. La plage est prise d’assaut par des marchands ambulants. Elle est, par ailleurs, illégalement occupée par des cafés et restaurants, qui distillent leurs déchets dans des fosses septiques. Une pratique interdite sur les plages, mais qui n’est pas rigoureusement contrôlée. «Certes, certains sont connectés au réseau d’assainissement liquide.

Mais c’est l’arbre qui cache la forêt, plusieurs de ces établissements nuisent à l’environnement marin», proteste Hassan Merzaq, acteur associatif. «De même, le bétonnage du rivage de Saïdia est en train de tuer la destination», regrette, quant à lui, Karim Ben Addi, un MRE qui n’arrive pas à concevoir comment les autorités locales autorisent-elles la construction de cafés et de restaurants le long d’une plage qui devait être dégagée.

Pour leur part, les loueurs de parasols, tables et chaises de repos ne laissent aucun espace d’intimité aux estivants, et imposent leurs lois et leurs prix. Nombreux sont ceux qui entrent en altercation avec les touristes. De fait, la plage est convertie en vrai souk, avec des vendeurs de tout genre: d’escargots, fèves épicées, figues de barbarie, beignets, karane, maïs…

Pour leur part, certains estivants ne se sentent pas concernés par la propreté de la plage et y laissent tous leurs déchets. «Nous sommes tous  responsables de la dégradation que subit la plage de Saïdia, élus et autorités locales qui délivrent des concessions pour l’exploitation provisoire de la plage, services de  sécurité et protection de la plage qui n’assument pas convenablement leurs responsabilités, les estivants insoucieux…», explique un élu local.

Pour obtenir le distinctif label Pavillon bleu, les plages doivent respecter plusieurs critères, tels que la qualité des eaux de baignade, l’information, la sensibilisation et l’éducation à l’environnement, l’hygiène et la sécurité, sans oublier l’aménagement et la gestion du lieu. Or, que fait la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement pour alerter sur les menaces qui guettent les plages de l’Oriental?

Ali KHARROUBI // l’Économiste

Légende : Vêtements, escargots, fèves épicées, figues de barbarie, beignets, karane… les vendeurs ambulants défilent toute la journée sur la plage pour proposer leur marchandise (Ph. AK)