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Oujda: Comment un festival a fait renaître la blouza

بتاريخ 2 Sep, 2017 - بقلم Redaction

*Défilés, concours et promotions ont relancé la demande pour cet habit traditionnel    * Les couturiers misent désormais sur l’innovation  *La 4e édition prévue du 7 au 10 septembre

Les éditions se succèdent et ne se ressemblent pas pour le festival de la blouza. Après trois années consacrées à l’ancrage et à la promotion d’un art vestimentaire qui fait la spécificité d’Oujda, la blouza est en train de récupérer son prestige. Il aura, aussi, fallu procéder à un effort de sensibilisation auprès des artisans pour les encourager à pérenniser cet habit féminin.

C’est grâce au festival que plusieurs associations, coopératives, clubs de fans ont vu le jour à Oujda. De même, des défilés de mode, des festivals et concours professionnels ont permis de relancer la demande pour la blouza. Les couturiers locaux ont compris que l’innovation est incontournable. «Il a fallu revoir deux aspects pour faire revivre la blouza: le décolleté et les manches courtes, pour que les clichés, qui la classaient en vêtement extravagant, tombent à l’eau», explique Rachid Jha, styliste.

Le caftan traditionnel est pudique alors que la blouza est plus «légère». Cette particularité a failli porter le coup de grâce à une originalité vestimentaire, mais elle a vite été corrigée par des modifications au niveau des coupes, pour satisfaire les clientes potentielles. De fait, la couture est devenue, à la fois, une expression de créativité personnelle et une source de revenus.
Cette année, le festival (du 7 au 10 septembre) est organisé sous le haut patronage de SM le Roi. Il sera placé sous le thème: «la blouza vecteur culturel en Méditerranée occidentale».

L’Association orientale pour le développement (AOD), organisatrice de l’évènement, a bénéficié de subventions pour équiper et moderniser son atelier de couture. «C’est grâce aux encouragements de la Fondation Mohammed V pour la solidarité qui a équipé notre atelier de machines dernier cri, et à la persévérance des membres de notre coopérative que le festival de la blouza est en train de s’ouvrir sur le monde», explique Latifa Mentbeh, présidente.

Dans ce sillage, une coopérative constituée de 26 couturières a vu le jour. Elle a déjà organisé des cycles de formations gratuites au profit des jeunes filles. L’objectif est d’assurer une main-d’œuvre qualifiée en mesure de perpétuer la couture traditionnelle, mais également de développer des activités génératrices de revenus. Après le mali et le Niger, c’est cette année au tour de stylistes d’Espagne, d’Italie et d’Algérie de venir exposer leurs créations. Ils animeront, également, le débat autour de la  pérennisation des vêtements traditionnels, et des techniques permettant de contourner la concurrence.
Ali KHARROUBI // L’Économiste

Légende : Pour revivre, la blouza a dû opérer sa mue. Quelques modifications de sa coupe lui ont permis de reconquérir un large public de la région. Afin de perpétuer le savoir-faire de ce vêtement traditionnel, une coopérative de 26 couturières assure des formations gratuites (Ph. A.K.)