Dernière mise à jour : vendredi 22 février 2013 - 3:01

10eme anniverssaire du discours fondateur du 18Mars 2003 (01)

بتاريخ 22 Fév, 2013 - بقلم Redaction

400 millions DH pour l’intégration urbaine : Oriental ou la renaissance d’une région

Le discours royal du 18 mars 2003 a lancé les jalons d’une stratégie globale pour un développement de toute une région : celle de l’Oriental.
«(…) Soucieux de manifester concrètement Notre haute sollicitude pour cette région qui recèle d’importantes potentialités et des ressources humaines industrieuses et fortement motivées, Nous avons décidé de lancer une Initiative royale pour le développement de la région de l’Oriental. S’articulant autour de quatre axes, elle vise à stimuler l’investissement et à favoriser la création de petites et moyennes entreprises par les jeunes (…)». Le message de la plus Haute autorité est clair.
Une décennie plus tard, plusieurs projets ont été effectivement lancés. Le bilan est légitime.
Au cœur des priorités, la mise à niveau des infrastructures visant la promotion économique, touristique et l’amélioration des conditions de vie des habitants.
Le premier projet consiste en la construction de la quatrième voie au niveau de la zone d’El Guerbouz sur la route reliant Oujda et Ahfir. Grâce à une manne de 28 millions de dirhams, le financement d’un tel projet permettra désormais l’accès à la façade méditerranéenne à partir d’Oujda. Parmi les effets induits attendus, la réduction des coûts et la durée des transports de marchandises. L’amélioration de la sécurité routière allant de paire.
Concernant le second projet, celui de l’extension du réseau d’assainissement liquide des zones Nord-Ouest et Est de la ville d’Oujda, il nécessitera la coquette somme de 28 MDH. Ce chantier vise l’amélioration des conditions sanitaires des citoyens. Les travaux consisteront principalement à raccorder des zones périphériques Nord-Ouest de la ville notamment les quartiers Toufah et Jorf Lakhdar et de nouveaux quartiers en bordure de la route de Sidi Yahya vers Bouchtat.
Le réaménagement du réseau routier reliant 9 quartiers périphériques de la ville (Toufah, Lamharchi, Slimani, Ellouz, Semarra I, II et III, Sabra et Hassani Libia) est, par ailleurs, prévu dans le cadre d’un programme de mise à niveau de 22 quartiers périphériques sous équipés et situés dans le périmètre périurbain d’Oujda. Doté d’une enveloppe budgétaire de 400 MDH, ce projet vise l’intégration urbaine globale à travers le renforcement de l’accès des populations aux différentes infrastructures. Ces équipements devront bénéficier à près de 25.000 habitants.
Pour l’heure, les principaux projets ont été lancés et sont à un stade avancé. Parmi ces derniers, l’extension du réseau d’assainissement liquide des zones Nord Ouest et Est de la ville d’Oujda et le réaménagement des routes au niveau de 9 quartiers périphériques de la ville.
Dans la même logique, des travaux de voierie ont été enclenchés et portent sur une enveloppe budgétaire de 350 MDH, ce qui permettra notamment l’aménagement des voies reliant les boulevards au centre-ville et le renforcement du réseau d’éclairage public. Et pour préserver l’environnement et offrir des espaces verts aux populations, un plan d’aménagement portant sur un investissement de 80 MDH servira à la construction d’espaces publics (terrains de sport, espaces verts …) conformément au schéma directeur retenu par le ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville.
Il est clair que tous ces projets démontrent une avancée certaine dans les projets d’infrastructure. Le développement économique devra passer par l’investissement et à ce niveau les élus locaux notamment ceux du Conseil de la ville ont pris conscience de la nécessité de faire d’un million de MRE une source de richesse liée à la création d’entreprises bien plus profitables que le transfert de devises. Une politique dirigée vers cette population représentant le tiers est à envisager sans plus tarder.

Dounia Essabban // ALM

Deux décennies de coopération : Les Champenois au service de l’Oriental

belhaj BDans son développement socio-économique, la région de l’Oriental ne fait pas cavalier seul. Que ce soit dans les domaines agricole, artisanal, patrimonial ou autres, cette région s’est inscrite dans un processus d’appui et de mise en place de projets novateurs grâce à une coopération étroite entretenue entre le Conseil régional de l’Oriental et celui de la Région Champagne-Ardenne (France, ndlr) depuis plus d’une vingtaine d’années.
Tout en accompagnant la stratégie de développement de l’Oriental, cette coopération régionale franco-marocaine apporte gros à la région. En mai 2012, Oujda a vu l’inauguration d’un Observatoire régional de l’agriculture dans la région de l’Oriental, en présence notamment des présidents des conseils régionaux de l’Oriental et de Champagne-Ardenne. Compte-tenu de l’importance de l’activité économique de la région, cet Observatoire assurera l’évaluation et le suivi en temps réel des projets de développement de l’agriculture. Ce projet ambitionne également de servir de tableau de bord à la fois pour les décideurs et les agriculteurs dans la mesure où il assurera une veille stratégique du secteur et fournira aux agriculteurs les données et conseils nécessaires pour l’amélioration de leurs activités. Outre la mise en place dudit Observatoire, le partenariat en question a poussé à grands pas le processus de commercialisation et de reconnaissance qualitative de plusieurs produits du terroir en les labellisant, on en cite notamment les dattes «Aziza» qui proviennent de Figuig et la clémentine de Berkane qui s’est vue attribuer son label IGP (Indication géographique protégée).
Parallèlement à cela, et dans une vision de contribution à la reconnaissance de son patrimoine culturel, plus de 290.000 euros ont été mobilisés pour mener à bien un projet de recensement et de valorisation de ce patrimoine de cette région. A ce titre, Mohamed Zaoui, délégué général de l’Agence régionale de coopération et de développement de Champagne-Ardenne au Maroc (ARCOD), précise que le recensement de ce patrimoine «permet de définir les conditions d’un renforcement des infrastructures culturelles de diffusion de la région et de l’amélioration de l’accès de la population locale aux structures culturelles et aux patrimoines». Il est à noter également que dans le cadre de ce même programme de coopération décentralisée, un projet d’assainissement estimé à 500 .000 € est prévu. Ce grand chantier auquel contribue la région Champagne-Ardenne permettra à des populations isolées un accès à l’eau potable et l’éventuelle création de micro stations d’assainissement.
Mise à part les axes cités, d’autres projets à vision éducative et culturelle s’entretiennent entre les deux régions. Il s’agit notamment de programmes d’échanges universitaires, d’autres entre lycées agricoles, de l’accueil de stagiaires de la région Champagne-Ardenne dans des établissements de l’Oriental ou encore des actions mettant en valeur le théâtre et l’art visuel. Il est à noter à ce titre que, contexte international oblige, la culture biologique et le développement durable prennent du terrain et occupent une place prépondérante dans la politique d’appui nouée entre les deux régions.

Imane Nigrou

Ali Belhaj : Un million de MRE à capter pour doper les investissements

belhajaliALM : Vous venez de tenir il y a quelques semaines la session du Conseil de la région de l’Oriental à Nador. Quels sont les points qui ont été débattus ?
Ali Belhaj : La session du mois de janvier était intéressante par l’importance de son ordre du jour qui s’inscrit dans l’exécution du plan stratégique de la région. En fait depuis trois ans, le Conseil a lancé une réflexion avec les habitants et les élus pour identifier les priorités. Il s’agissait aussi de savoir ce qui a été réellement fait. Cette étape a ainsi permis d’identifier les atouts et les faiblesses et déterminer les chantiers possibles et ceux qui étaient prioritaires. Nous sommes, aujourd’hui, dans la phase de mise en œuvre et d’implémentation des actions.
Quels sont les secteurs que vous avez considérés comme prioritaires dans le développement de la région de l’Oriental ?
Je livrerais plutôt les chantiers prioritaires pour lesquels des actions ont déjà porté leur fruit. Le premier projet-phare porte sur un partenariat entre le ministère de la santé et la région. En clair, pendant deux ans, nous avons conjointement identifié les priorités de la région pour ce secteur. Les budgets et les besoins ont été ainsi clarifiés. Des infrastructures hospitalières sont prévues. Les travaux ont déjà été lancés pour ne citer que l’hôpital de Zayo. D’autres terrains ont été identifiés dans le sens du développement de sites dédiés à la santé publique. Dans le cahier des charges est prévue l’amélioration des urgences. Il s’agit d’un vaste chantier qui a été lancé sur 5 ou 6 ans et qui porte sur une valeur budgétaire de l’ordre de 260 MDH.
Un second point et non des moindres concerne le renforcement de l’infrastructure du monde rural. Ce qu’il faut savoir c’est que seuls 35% de la population vivent dans le monde rural. Il faut donc préserver ces habitants et leur offrir un cadre adéquat. L’électrification et l’accès à l’eau représentant les deux priorités pour y parvenir. Une convention va d’ailleurs être signée dans ce sens avec l’ONEE, ce qui va permettre à certaines populations exclues du programme PERG de bénéficier de ces services publics.
Autre point débattu et non des moindres est celui du développement humain. Nous avons considéré que c’était un chantier prioritaire mais il fallait l’optimiser et le rationnaliser. Car si des sommes importantes sont affectées chaque année au développement humain nous ne sommes pas sûrs que les actions aient un impact direct sur les populations. C’est dans cette optique qu’un partenariat entre l’INDH et le Conseil sera signé de telle sorte à identifier les populations à risque. Nous sommes allés dans le détail et nous sommes toujours en concertation avec les populations par le biais de consultants experts dans le domaine.
«L’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique du bâtiment » représentent un autre projet qui a été retenu parmi les priorités du Conseil. Avec d’autres régions notamment celle de la Californie, nous avons créé le R20. Nous sommes devenus un réseau mondial et le siège de l’association est basé à Genève. En tant qu’acteur de cette association, nous comptons privilégier l’échange et le transfert de savoir-faire pour développer ce pôle. Pour l’heure, nous avons commencé la mise à niveau de certains bâtiments publics pour limiter la consommation d’énergie. Nous avons également entrepris des actions au sein de petites fermes solaires. Nous œuvrons aussi avec les municipalités pour rationnaliser l’éclairage public.
Vous êtes président du Conseil de la région de l’Oriental depuis 2010, quelle est la démarche adoptée depuis votre élection pour entreprendre les actions s’agissant de vastes chantiers où plusieurs acteurs sont à prendre en ligne de compte ?
Nous avons essayé dès le départ d’identifier le rôle de la région. Deux grands axes à défricher en ont découlé. Nous devions nous positionner dans le développement économique et l’amélioration du cadre de vie du citoyen. Sur le premier volet, la politique de l’Etat est très ambitieuse. Nous avons donc décidé de nous concentrer sur le second point.
Quels sont les principaux atouts de la région ?
La région recèle de trois atouts naturels. Un quatrième est venu s’y greffer par volonté publique, je dirais.
L’agriculture est le premier atoût. Il s’agira de le valoriser. Nous sommes par ailleurs, fortement impliqués dans la création du premier marché de gros moderne à Berkane sis dans le premier agropole du pays. Le second atout est celui du tourisme représenté essentiellement par deux stations balnéaires, celles de Saidia et de Marchika.
Le troisième point fort est lié aux ressources humaines. La région possède un million de MRE qui représente un gisement inexploité. Il s’agira de les drainer pour développer l’investissement dans la région et créer des réseaux avec ceux qui sont implantés en dehors des frontières.
Le quatrième est celui de l’énergie solaire. Il se matérialise aujourd’hui par la technopole d’Oujda et de la Centrale gaz solaire de Bni Mathar. Le chantier est vaste mais nous sommes décidés à l’accompagner. En conclusion, la région est appelée à se développer. Elle était isolée. Aujourd’hui, avec l’autoroute, la Rocade méditerranéenne et l’aéroport d’Oujda, un grand pas a été mis en avant en rapprochant la région du reste du Royaume.
Quel est le poids réel du Conseil de la région pour la mise en œuvre de l’action proprement dite ?
Aujourd’hui le poids du Conseil de la région est celui que nous voulons lui donner. Depuis, le discours royal du 18 mars 2003 a transformé la région et nous devons accompagner le processus.
Justement ce vaste chantier rentre dans le processus de régionalisation…
Pour l’avenir de la régionalisation avancée, tant que nous ne disposons pas des ressources humaines adéquates pour entreprendre ce vaste chantier, cela restera au stade de projet.
Un mot peut-être sur la contrebande ?
Tant que les frontières sont fermées, le fléau persistera. Il faut vivre avec en limitant l’impact négatif du mieux que l’on peut. Mais dire qu’il y aura des actions dans le sens de l’éradication serait un mensonge.
Vous avez endossé au fil des ans plusieurs casquettes, quel est votre sentiment sur la position de l’actuel gouvernement face à la gestion des dossiers clés pour dépasser la crise qui est réelle au Maroc ?
Il y a des inquiétudes notamment dans les déséquilibres budgétaires. Estimé à 8%, le niveau est très élevé et il y aura un prix à payer tôt ou tard à travers la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de la croissance économique. Le gouvernement devrait s’attaquer à ce déficit. Il faut réfléchir sur le rôle de l’Etat dans le sens de son implication dans l’économie et là je parle d’Al Omrane et de la SNTL à titre d’exemple.
Je pense que l’Etat doit se recentrer sur ses activités et rationnaliser les dépenses publiques. D’un autre côté, les Assises de la fiscalité auront bientôt lieu. Ce sera l’occasion de réfléchir à une nouvelle fiscalité pour la rendre moins pesante mais plus efficace. Il faudra assainir l’atmosphère entre les services des Impôts et les contribuables. Une démarche de partenariat serait plus salutaire que l’esprit de répression. En clair, il s’agira d’opter pour une démarche win win.

Dounia Essabban