
Le Sommet entre le Maroc et l'Union Européenne (UE), qui vient de clôturer ses travaux le Dimanche 7 Mars 2010, a connu un succès retentissant. C’est le premier Sommet du genre entre
l'UE et un pays arabe et du sud de la méditerranée. Le succès de ce Sommet, sous présidence espagnole, n’est pas une surprise puisqu’il est le résultat de tant d’efforts fournis par le Maroc et c’est l’aboutissement d’un long processus de rapprochement entre les deux parties, jusqu’à l’octroi au Maroc d’un Statut Avancé le 13 Octobre 2008. Le Maroc, qui a toujours entretenu d’excellentes relations avec les Etats membres de l’UE, procède continuellement à une mise à jour de sa législation pour le bien de ses citoyens et pour être en conformité avec la législation européenne, c’est donc un progrès réalisé à ce niveau, ajouté à d’autres facteurs, tels que la stabilité politique et économique, qui a mérité la confiance de tous les pays de l’UE. Le Royaume a été alors récompensé pour ses efforts en matière de bonne gouvernance, en matière économique et sociale et ses avancées en matière de droits de l’Homme.
Le sommet a eu lieu à Grenade en Andalousie, une ville dont les monuments témoignent encore de l’histoire glorieuse du Maroc. C’est un territoire qui représente une symbolique : une histoire commune avec la civilisation Arabo-musulmane en Andalousie. Et aujourd’hui, on y construit un avenir commun reliant le Royaume avec les pays de l’UE. C’est le début d’une nouvelle ère. Le Maroc construit son avenir avec l’UE. Le Statut Avancé accordé au Maroc ouvre des opportunités énormes au Maroc. Ce dernier, bénéficiaire du financement de la politique de voisinage européenne, est témoin de la volonté européenne de la poursuite des réformes engagées par le Maroc, de la reconnaissance de l’importance des avancées réalisées et de l’ambition du Maroc d’ancrage Européen.
Le Maroc, pays émergent, qui garde son authenticité travaille dur pour rester dans la modernité. Il améliore sans cesse son attractivité territoriale et son cadre de vie.
Ce Statut Avancé, une première dans la région, va positionner le Maroc alors en leader en Afrique et dans les pays arabes et méditerranéens de part sa position géostratégique et grâce à ses efforts en matière de modernisation de sa législation. Le Maroc- c’est la porte de l’Europe et de l’Afrique. L’Europe a besoin de l’Afrique et du Maroc. C’est un marché énorme. Le futur de l’Europe passe donc par l’Afrique et donc le Maroc. La construction de l’Union Pour la Méditerranée (UPM) passe obligatoirement par le Maroc qui représente ce trait d’union entre l’Occident et le monde arabo-musulman ainsi que l’Afrique.
La relation du Maroc avec l’Europe passe donc à la vitesse supérieure. Les deux parties travaillent pour la construction d’un espace commun. Le Statut Avancé représente alors une aubaine pour le Maroc. Ainsi, des opportunités s’ouvrent dans les secteurs des Energies Renouvelables, du Transport, de la Logistique et des infrastructures, des TIC, de l’Agriculture, ou dans d’autres secteurs porteurs, de drainage des Investissement Directs Etrangers (IDE), en plus des programmes dans lesquels le Maroc peut s’inscrire avec l’UE (industrie, recherche,..). Le Climat des affaires au Maroc connaîtra un saut qualitatif, il ressemblera bientôt à celui existant dans l’UE. L’Environnement de l’entreprise est de plus en plus propice. Ainsi, et en plus des grands chantiers d’Infrastructure qui sont en marche au Maroc, d’autres verront le jour. Je citerai l’exemple du Projet Desertec: une centrale solaire gigantesque dans le désert africain pour alimenter l’Europe. Les Ressources Humaines de qualité doivent alors être disponibles à travers la mise en place de mesures efficientes d’encouragement des compétences.
Ce statut avancé forme une feuille de route ambitieuse pour le renforcement des relations Maroc-UE. Il prévoit quatre axes importants :
1. Un Approfondissement de la coopération politique ;
2. Une Intégration plus intense dans le marché intérieur Européen sur la base d’un rapprochement réglementaire (normes et législations). C’est un rapprochement vers l’acquis communautaire ;
3. Des Négociations pour un Accord de Libre Echange (ALE) renforcé comprenant aussi les produits agricoles et les services ;
4. Un Renforcement de la coopération sectorielle (Education, transport, Energie, etc.).
Par ailleurs, on notera la convergence réglementaire entre le Maroc et l’UE ne date pas d’hier. Il suffit de se rappeler que les lois marocaines ont souvent des origines françaises. Sur les questions internationales, le Maroc et l'UE possèdent aussi des points de convergence (crise financière internationale, situation au Moyen-Orient et au Maghreb, l'Union pour la méditerranée, l'évolution de la question du Sahara etc.).
Ce partenariat vise, d’une part, à consolider les acquis, et d’autre part à préparer l'avenir, en procédant par le biais d’une stratégie élaborée conjointement. Ce partenariat n’est qu’à ses débuts, il se développera au fur et à mesure puisque la volonté des deux parties pour réussir ce partenariat a été exprimée à plusieurs reprises par les hauts responsables des deux parties. La coopération avec l’UE va se développer davantage, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la formation.
Le Maroc, dans le plan Emergence, s’est préparé en introduisant le terme de Métiers Mondiaux (MMM), pour orienter la formation professionnelle vers les métiers qui trouveront un débouché dans le marché mondial de l’emploi, d’où des possibilités d’emploi de part et d’autre de la Méditerranée. L’ouverture du Maroc sur le monde est un fait indéniable.
Le Maroc est proche de l’Europe culturellement, économiquement et politiquement, ce qui a été traduit sur la réalité par un "partenariat privilégié". La question de la mobilité des personnes sera traitée au moment opportun.
En conclusion, on notera que le Maroc a pris sa vitesse de croisière en réussissant plusieurs défis. Nos entreprises, néanmoins, doivent suivre le rythme pour ne pas se sentir dépassées par les événements et écrasées par les entreprises européennes. Leur survie dépend de leurs capacités d’adaptation aux mutations économiques et technologiques, de leur réactivité et de leur mise à niveau perpétuel en termes de formation, de recherche et de tissage de relations de partenariats avec leurs homologues européennes. Une première rencontre entre les hommes d’affaires marocains et européens a eu lieu à Grenade. Nos PME auront tout à gagner en se rappelant que le futur du Maroc se construit aussi avec l’UE.
Ce partenariat privilégié est un cadre de travail décroché par le Maroc avec mérite. Aussi, ne reste-t-il à nos PME qu’à aller décrocher des marchés en partenariat, que ce soit en Europe ou au Maroc.
Le Maroc de demain n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui, et encore moins avec celui d’hier. Soyons à la hauteur de nos ambitions et dotons nous de tous les moyens pour réussir les défis de la mondialisation pour notre bien et le bien de nos enfants après nous.
Zakaria Sefraoui (membre actif d’Oujda24)