Dans le but de neutraliser la pullulation du rat des champs qui est entrain de ravager certaines régions de l’Oriental, le service de la protection des végétaux mène une lutte inlassable pour le déterrer d’ici la fin Mars.
Des centaines d’agriculteurs en désarroi s’adressent chaque Jeudi au service de la protection des végétaux d’Oujda pour s’approvisionner en appâts empoisonnés pour lutter contre la prolifération des rats des champs « la mérione de Shaw ». Un rongeur redouté pour sa grande capacité de nuisance et qui peut reproduire jusqu'à 30 autres par an avec leur lot de destruction massive des céréales et des fruitiers. D’autant plus qu’il est nocturne et vit dans des terriers qui peuvent atteindre plus d’un mètre. Cela le rend difficilement décelable.
L’inquiétude manifeste exprimée par des agriculteurs qui n’ont pas reçu la quantité qu’ils demandaient en appât empoisonné vient du fait que ces rongeurs n’ont pas dévasté que les céréales en pleine période de croissance mais aussi l’arboriculture fruitière notamment l’olivier, l’amandier le prunier. D’autres dégâts ont été enregistrés sur le matériel dans les exploitations qui recourent à la technique du goute à goute.
Faut –il par ailleurs préciser que le rat des champs est un vecteur de transmission de la leishmaniose cutanée qui affecte l’homme. « Pour ces raisons on a commencé la compagne de lutte contre ce rongeur par la province de Taourirt qui est fortement infestée et qui est un foyer habituel connu pour l’hébergement de ces ravageurs. » a déclaré à ALM Driss Boukheffa , chef du service de la protection des végétaux SPV d’Oujda . Tout en précisant que « vu la proximité de Taourirt avec la province de Jerrada où le ministère de la santé a déjà signalé la présence des cas de leishmaniose cutanée notre compagne cible spécialement ces deux provinces »
Face à cette situation le SPV a déployé des équipes d’intervention au niveau de son siège et sur le terrain au niveau des champs directement infestés. Un service qui réalise quatre sorties hebdomadaires sur les lieux infestés au niveau des provinces de Taourirt, Jerrada, Berkane et Oujda, dans le cadre d’un programme de rassemblement des agriculteurs préétabli en concertation avec les autorités locales. Le Jeudi étant réservé à la distribution des appâts empoisonnés pour les agriculteurs qui sont proches d’Oujda.
La superficie traitée jusqu’à présent est de 90 000 Ha. Cela représente 50 % des terres agricoles infestées. Les autres 90 000 Ha seront traités d’ici la fin mars. Quant au blé empoisonné distribué, il a dépassé les 18 tonnes. 10 autres tonnes sont en phase de préparation dans les locaux de la SPV. (1 Kg d’appât ou blé empoisonné traite de 5 et 10 Ha en fonction de la densité des rongeurs)
Concernant l’impact de la pullulation du rat des chants sur l’actuelle saison agricole, les ingénieurs de la SPV sont rassurants : « Il n’ y’aura pas de dégâts alarmants dans la mesure où il y’a des terrains qui ont été épargnés ou bien traités. D’autant plus que l’Oriental est une région vaste ce qui lui évitera une densité importante de pullulation » nous fait-on savoir au SPV.
« Certes nous sommes dans une phase de pullulation des rongeurs mais il n y’a pas à s’inquiéter car tous les moyens humains et techniques ont été mobilisés pour mener à bien cette lutte » précise Mr Boukheffa.
Il est à signaler par ailleurs que le périmètre irrigué de la Moulouya n’est pas concerné puisqu’il n’est pas un biotope idéal pour la pullulation des rongeurs.
Ali Kharroubi / ALM